Du camion à la bibliothèqueÀ la rencontre des pompiers de la BnF

Formation extincteur - Crédit photo Nicolas Poussart, 2014

Le 4 décembre est une institution pour tous les pompiers de France, qui célèbrent à cette date la Sainte-Barbe, sainte patronne des professions liées au feu. Ce jour-ci, le quadrilatère Richelieu prend également des airs de fête, car il héberge un détachement de la 41e compagnie de Sapeurs-Pompiers de la ville de Paris : pas moins de vingt-trois pompiers assurent 24h/24 et 7 jours/7 la sécurité du site Richelieu et de ses occupants, visiteurs comme personnels. Ils dépendent de la Bibliothèque nationale de France, qui à ce titre fait figure d'exception : c'est en effet la seule bibliothèque à accueillir un détachement de sapeurs-pompiers réparti entre le site François-Mitterrand et celui de Richelieu, qu'elle partage avec la bibliothèque de l'INHA.

Pour ces pompiers expérimentés qui ont souvent derrière eux dix à quinze ans de carrière, cette période de quatre ans en moyenne dans le quadrilatère Richelieu constitue toujours une belle opportunité. Dans le cadre d'une carrière courte avec un départ à la retraite précoce, elle permet de préparer un projet de reconversion en province auprès de ses proches, la grande majorité du détachement étant constituée de provinciaux. Pour les pompiers engagés dans une carrière longue, elle est une étape qui marque la fin de longues années passées au feu, « en camion ».


Demander son affectation à la BnF est aussi l'occasion pour les sapeurs-pompiers sélectionnés d'ajouter une corde à leur arc, puisqu'ils reçoivent une formation supplémentaire dans le domaine de l'assistance aux personnes et de la prévention incendie. Pour des sapeurs-pompiers ayant été au feu pendant des années, le quadrilatère Richelieu offre aussi, outre un cadre de travail privilégié, un contact au quotidien avec les civils. Ainsi, ce sont eux qui sont chargés de former le personnel de la BnF et de la bibliothèque de l'NHA aux évacuations incendie.


Formation du personnel à l'évacuation en salle Ovale. Crédit photo Nicolas Poussart, 2014

Une surveillance accrue durant les travaux

Actuellement, leur tâche est compliquée par les travaux qui ont lieu dans une grande partie du quadrilatère Richelieu, dont la salle Labrouste, et qui exigent un degré de surveillance supérieur à l'ordinaire. Les chantiers sont en effet régulièrement le théâtre de sinistres particulièrement violents, comme celui qui ravagea la basilique de Nantes en juin 2015. Pour pallier la vulnérabilité des sites durant cette période, il est désormais obligatoire en France d'établir des « permis feu », des documents de sécurité engageant les entreprises réalisant des travaux par « point chaud » (soudage, découpage de métaux...) à respecter un ensemble de consignes visant à sécuriser le site. Cela comprend par exemple le déblaiement régulier des gravats ou la présence d'un extincteur à proximité immédiate du point chaud. Les sapeurs-pompiers de la BnF ont donc intégré la surveillance de la bonne mise en œuvre de ces normes dans leurs tâches quotidiennes, qui sont par ailleurs fort variées.

Une journée rythmée par la vie du chantier

8h : les sept hommes de garde, souvent revenus de province la veille au soir pour plus de sûreté, se rassemblent dans la pièce commune du poste de commandement (PC) pour recevoir les instructions de leur supérieur. C'est l'occasion pour ce dernier de vérifier que tout le monde est bien présent et en forme.
8h15-10h : les pompiers partent pour leur première séance de sport de la journée, qui consiste souvent en des courses d'endurance vers le Palais-Royal.
10h-11h30 : ils procèdent ensuite à une première vérification des points chauds de la zone chantier lors d'une longue ronde.
11h30-14h : les pompiers déjeunent à tour de rôle en deux équipes, d'abord la « première soupe », puis la deuxième, afin qu'il y ait toujours au moins trois pompiers dans le PC.
14h-16h : l'après-midi est consacré aux formations professionnelles et aux rondes dédiées à la vérification du bon fonctionnement de tous les moyens de secours et de détection incendie.
16h-17h : cette heure permet aux pompiers de garde d'assurer la bonne marche du PC en s'occupant des tâches administratives.
17h-19h : seconde séance de sport de la journée.
Dans la soirée, les pompiers procèdent à une nouvelle ronde sur le chantier pour aller vérifier les points chauds, afin d'être sûrs qu'aucun feu ne couve. En effet, 70 % des incendies se déclenchent la nuit, et c'est bien entendu à ces heures tardives qu'ils causent les dégâts les plus considérables.

En conclusion, souhaitons une excellente journée de la Sainte-Barbe aux sapeurs-pompiers de la 41e compagnie de la Brigade de Sapeurs-Pompiers de Paris. Au programme, un petit déjeuner composé de spécialités régionales, une course d'orientation et un déjeuner convivial !

 

Je tiens à remercier tout le détachement des pompiers du site Richelieu qui m'ont réservé un très bon accueil, et plus particulièrement le sergent-chef Ludovic Flamand pour avoir aimablement répondu à mes nombreuses questions.

 

Béatrice Guillier

Service du patrimoine

Publié par Béatrice Guillier le 4 décembre 2015 à 10:30

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