Léa Saint-Raymond et les investigations micrographiques

Léa Saint-Raymond est doctorante en histoire de l'art à l'université Paris-Nanterre. Ses recherches portent sur les ventes aux enchères publiques parisiennes, en particulier sur l'émergence de nouveaux marchés artistiques (1831-1939). Elle a reçu une double formation en économie et en histoire de l'art. Membre du projet Artlas depuis 2009, elle a cofondé un répertoire en ligne et géoréférencé de marchands de tableaux parisiens (1815-1955). Elle travaille également dans l'équipe Translocations de Bénédicte Savoy, à la Technische Universität de Berlin et au Collège de France.

Vous, en quelques mots

Je termine ma thèse, construite à partir d'une base de données consacrée aux ventes aux enchères publiques parisiennes (1831-1939). Éclectiques, ces dernières concernent aussi bien les dessins, les tableaux anciens et modernes, la sculpture, les objets asiatiques, les arts dits « primitifs », ou même les bonsaïs !

Dans un premier temps, je consulte les catalogues de vente de la bibliothèque de l'INHA, puis je me rends aux Archives de la Ville de Parispour les associer à leurs procès-verbaux. Ces documents sont très utiles pour mes recherches car ils mentionnent les prix d'adjudication des œuvres, mais aussi les noms, voire les adresses, des acheteurs et des vendeurs. Je peux ainsi reconstituer le petit monde des enchères et suivre la piste des « nouveaux marchés ».

Votre fréquentation de la bibliothèque ?

Cela dépend de l'avancement de ma base de données : je viens tous les jours quand j'ai besoin de faire une moisson de catalogues de vente, sinon je suis aux Archives de Paris pour travailler sur les procès verbaux.

Plutôt salle Labrouste ou magasin central ?

L'espace de consultation des microfilms, centre névralgique de mon activité ! Bien évidemment, je fréquente aussi le magasin central pour y consulter les corpus des artistes.

Un détail insolite de la salle de lecture ?

Toutes les rencontres que j'ai faites, grâce aux piles de microfilms. Je remercie, au passage, toutes les personnes qui ont eu la patience de sortir ces centaines de bobines et qui me les ont remises avec un regard mi étonné, mi compatissant, mais toujours avec le sourire.

Une grande trouvaille dans les collections ? 

Objets d'art de la Chine et du Japon provenant du Palais d'Été, 1861, bibliothèque de l’INHA, VP 1861/198. Cliché Léa Saint-Raymond
Objets d'art de la Chine et du Japon provenant du Palais d'Été, 1861, bibliothèque de l’INHA, VP 1861/198. Cliché Léa Saint-Raymond

Avoir eu entre les mains le premier catalogue de vente d'objets provenant du sac du Palais d’Été de Pékin, qui s'est tenue à Paris en décembre 1861. Chose rarissime pour l'époque, il était accompagné d'une photographie, où l'on voyait un bric-à-brac d'objets qui allaient justement être vendus aux enchères. Grâce au procès-verbal, j'ai appris que le vendeur était le caricaturiste et photographe Bertall. Il s'était moqué de l'hôtel Drouot dans le Journal amusant en parlant de « Bourse des Arts », mais il avait su en tirer parti !

Bertall, La Bourse des Arts rue Drouot, Journal Amusant, 27 fevrier 1858, gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
Bertall, La Bourse des Arts rue Drouot, Journal Amusant, 27 fevrier 1858, gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Votre sujet du moment ?

Je travaille sur les achats du marchand américain Knoedler en vente publique, à Paris, tout en augmentant ma base de données avec les ventes d'objets préhistoriques de la fin du XIXe siècle.

Des souhaits de nouveaux services à la bibliothèque ?

La mise à disposition des anciennes machines à microfilms (même dans un coin très reculé de la bibliothèque) ? Je ne suis pas adepte du « c'était mieux avant », mais leur simplicité les rendait plus pratiques et me permettait de gagner du temps pour ... courir aux Archives de Paris !

Hélas, ces appareils, auxquels les lecteurs de la salle Ovale étaient habitués, sont devenus obsolètes : il n'y a plus de pièces de rechange pour les réparer ! La nouvelle offre de services de reprographie proposée par la bibliothèque de l'INHA repose sur un parc entièrement neuf, qui permet des impressions de qualité et aussi des numérisations.

Les personnes souhaitant joindre Léa Saint-Raymond peuvent lui adresser un mail à l'adresse suivante : lea.saint-raymond[at]college-de-france.fr

 

Christine Camara
Services aux publics

Publié par Christine Camara le 28 décembre 2017 à 11:00

2 commentaire(s)

  • Commentaire de Anne posté le 28 décembre 2017 à 13:23

    Bien d'accord sur la complexité des nouvelles machines à microfilms... J'entends l'argument de l'obsolescence des anciennes, mais on perd un temps fou avec les nouvelles, qui fonctionnent mal, se bloquent, et dont les impressions sont très décevantes. A simplifier d'urgence ?

    A part ça... La vie des chercheurs en histoire de l'art a changé depuis le transfert dans la salle Labrouste ! La bibliothèque est un vrai petit paradis !

  • Commentaire de Bibliothèque de l'INHA posté le 29 décembre 2017 à 15:11

    Hélas, il n'est pas possible de simplifier l'usage de ces lecteurs, mais n'hésitez pas à demander aux agents de de la banque de communication de vous montrer leur fonctionnement et/ou de vous aider !

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