« On trouve tout à la Samaritaine »Bibliographie sélective

La Samaritaine, Paris

Symbole architectural de l’Art nouveau, la Samaritaine, fondée en 1870 par Ernest Cognacq et Marie-Louise Jaÿ, se dresse dans le 1er arrondissement de Paris, entre la rue de Rivoli et la Seine. Après seize ans de fermeture et des travaux de réaménagement d’une ampleur titanesque (réalisés par LVMH pour un budget de 750 millions d’euros), le mythique grand magasin parisien a rouvert ses portes le 23 juin 2021. C’est l’occasion de se plonger dans les ressources que propose la bibliothèque de l’INHA en lien avec cet ouvrage à l’architecture emblématique, qui, à l’instar du Bon Marché, constitua notamment une inspiration pour la fresque d’Émile Zola Au Bonheur des dames.

Architecture : la Samaritaine, entre Art nouveau et Art déco

Art nouveau et Art déco

La bibliothèque de l’INHA dispose de nombreux ouvrages consacrés à l’Art nouveau dans l’architecture. Parmi ceux-ci, on peut noter les références suivantes :

Les ressources dédiées à l’Art déco ne sont pas en reste :

Cabestan, Jean-François, Cabestan, Jean-François, et Lempereur, Hubert. La Samaritaine, Paris. Paris : Picard, 2015.
Cabestan, Jean-François, Cabestan, Jean-François, et Lempereur, Hubert. La Samaritaine, Paris. Paris : Picard, 2015.

L'architecture de la Samaritaine, de Frantz Jourdain à l'agence Sanaa

La Samaritaine est constituée de plusieurs bâtiments distincts, réalisés par les architectes Frantz Jourdain et Henri Sauvage. Les deux parties principales sont l’immeuble « Jourdain », construit dans un style Art nouveau, et le « Magasin principal », de style Art déco. Fondateur et président du Salon d’automne, Frantz Jourdain est aussi critique d’art. Plusieurs de ses écrits sont disponibles à la bibliothèque de l’INHA, ainsi que des ouvrages qui lui sont consacrés :

Les collections patrimoniales abritent aussi un portrait de Frantz Jourdain par le graveur Achille Ouvré :

Architecte majeur du début du XXe siècle, Henri Sauvage a conçu un grand nombre de bâtiments très connus, telle la villa Majorelle. Le chercheur Jean-Baptiste Minnaert, du Centre André Chastel, lui a consacré sa thèse et plusieurs ouvrages. Parmi ceux-ci, on peut citer :

C’est l’agence Sanaa, des deux architectes japonaises Kazuyo Sejima et Ryūe Nishizawa, qui a piloté la maîtrise d’œuvre du renouveau du bâtiment. Plusieurs ouvrages de la bibliothèque de l’INHA permettent de découvrir leurs travaux, dont l’imposant chantier du Louvre-Lens.

Enfin, on peut noter les deux références suivantes, plus généralistes, consacrées à la Samaritaine et son architecture :

Art ou artisanat ? Les techniques des bâtiments de la Samaritaine

Outre les volumes impressionnants de la Samaritaine, ce sont les multiples techniques au croisement de l’art et de l’artisanat utilisées pour la réalisation de ses bâtiments qui en font un véritable chef-d’œuvre. On peut ici lister quelques-unes d’entre elles.

Les bâtiments sont réalisés autour de structures métalliques. L’immeuble « Jourdain Verrière », de 1905, est habillé de plaques de cuivre et de mosaïques colorées, réalisée par plusieurs artistes dont Francis Jourdain (le fils de Frantz Jourdain). L’un des pionniers du mouvement Moderne, il se consacre notamment aux arts décoratifs. La fresque dite « des paons », qui date de 1907, lui est également attribuée. Elle a été intégralement restaurée à l’identique, tout comme les décors en staff (plâtre moulé armé), et les verrières du jardin d’hiver. Nombre des ouvrages de Francis Jourdain(dont des biographies d’artistes) sont disponibles à la bibliothèque de l’INHA, ainsi que plusieurs documents présentant son parcours et son œuvre.

  • Francis Jourdain : Un parcours moderne, 1876-1958. [Exposition présentée au Musée Toulouse-Lautrec, à Albi, du 25 mars au 4 juin 2000, au musée-bibliothèque Pierre André Benoît, à Alès, du 24 juin au 3 septembre 2000, au musée d’art et d’histoire, à Saint-Denis, du 22 septembre au 18 décembre 2000 et au musée d’art et d’industrie à Roubaix, de janvier à avril 2001]. Paris : Somogy, 2000. Cote : NZ JOUR5.A3 2000
  • Moussinac, Léon. Francis Jourdain. Genève : P. Cailler, 1955. Cote : 12 D 1159

Les ferronneries et modénatures sont l’œuvre d’Édouard Schenck. Cette technique très spécifique de l’Art déco fait l’objet de l’ouvrage suivant :

L’enseigne du magasin a été dessinée par Eugène Grasset, connu aussi pour son célèbre dessin de la Semeuse, utilisé par les éditions Larousse. Dessinateur prolifique, Eugène Grasset se passionne aussi pour la typographie et les ornements végétaux.

Plusieurs autographes sont par ailleurs conservés dans la collection des manuscrits de la bibliothèque de l’INHA, dont une lettre adressée à Gustave Kahn où il s’interroge : l’artiste ne doit-il pas avant tout être un artisan ?

O.Taris — Travail personnel. Source : Wikimédia Commons. CC BY-SA 3.0
O.Taris — Travail personnel. Source : Wikimédia Commons. CC BY-SA 3.0

La façade de la Samaritaine est ornée de près de 380 mètres de décors floraux sur laves émaillées. Cette technique particulière, grâce à laquelle une imposante table d’orientation surmontant le toit avait aussi été réalisée, a fait l’objet d’une exposition proposée par le musée de la Vie romantique en 1998.

C’est au céramiste Alexandre Bigot que l’on doit nombre des ornements de la Samaritaine. Chimiste de formation, il reçut un Grand prix à l’Exposition universelle de 1900 pour ses travaux de céramiques.

Enfin diverses ressources, plus générales, concernent les ornements dans les arts décoratifs, parmi lesquelles :

Pour découvrir les différentes techniques de restauration utilisées afin de rendre sa superbe au bâtiment, une série de vidéos proposée par la Samaritaine est disponible en ligne.

Les grands magasins, emblèmes de l'architecture parisienne du début du XIXe siècle

Différents ouvrages disponibles à la bibliothèque de l’INHA sont dédiés à la thématique des grands magasins en général.

Ressources patrimoniales : les trésors d'autres bibliothèques

D'autres bibliothèques parisiennes détiennent des fonds très intéressants concernant la Samaritaine. Ainsi, la bibliothèque Forney propose des numérisations des jolis catalogues de « jouets et étrennes » du grand magasin.

 Samaritaine, Jouets, étrennes, 1910, lundi 6 décembre et pendant tout le mois, [Noël 1909-étrennes 1910], catalogue commercial, À la Samaritaine, Paris : 1909, illustration de couverture : Abel Truchet. Source : Ville de Paris / bibliothèque Forney
Samaritaine, Jouets, étrennes, 1910, lundi 6 décembre et pendant tout le mois, [Noël 1909-étrennes 1910], catalogue commercial, A la Samaritaine, Paris : 1909, illustration de couverture : Abel Truchet. Source : Ville de Paris / bibliothèque Forney

 

Samaritaine, Jouets, étrennes, 1910, lundi 6 décembre et pendant tout le mois, [Noël 1909-étrennes 1910], catalogue commercial, A la Samaritaine, Paris : 1909, illustration de couverture : Abel Truchet. Source : Ville de Paris / bibliothèque Forney
Samaritaine, Jouets, étrennes, 1910, lundi 6 décembre et pendant tout le mois, [Noël 1909-étrennes 1910], catalogue commercial, A la Samaritaine, Paris : 1909, illustration de couverture : Abel Truchet. Source : Ville de Paris / bibliothèque Forney

 

 Samaritaine, Jouets, étrennes, 1928 [Noël 1927-étrennes 1928], catalogue commercial, À la Samaritaine, Paris : 1927. Source : Ville de Paris / bibliothèque Forney
Samaritaine, Jouets, étrennes, 1928 [Noël 1927-étrennes 1928], catalogue commercial, À la Samaritaine, Paris : 1927. Source : Ville de Paris / bibliothèque Forney

En consultation sur place, près d’une centaine de ces catalogues sont aussi disponibles auprès de la bibliothèque du musée des Arts décoratifs.

La BnF dispose par ailleurs d’une collection numérisée dans Gallica consacrée aux grands magasins, dont la Samaritaine, qui comporte notamment des affiches publicitaires.

À la Samaritaine, rue du Pont-Neuf : inauguration des agrandissements, exposition, affiche, Paris. Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
À la Samaritaine, rue du Pont-Neuf : inauguration des agrandissements, exposition, affiche, Paris. Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Celle-ci comprend aussi des photographies des grands magasins parisiens, parmi lesquels on trouve d’intéressants clichés de la Samaritaine.

Magasin de la Samaritaine, photographie de presse, Agence Rol, Paris. Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
Magasin de la Samaritaine, photographie de presse, Agence Rol, Paris. Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Enfin, la bibliothèque historique de la Ville de Paris a réalisé au cours des dernières années des acquisitions de divers objets afin de constituer un ensemble sur les grands magasins. Ainsi en 2020, un jeu de cubes de 1930 retraçant la vie et la philanthropie de Marie-Louise Jaÿ et Ernest Cognacq a-t-il rejoint les collections des ephemera.

La Samaritaine, jeu de cubes publicitaire, documents éphémères, Paris : 1930. Source : bibliothèque historique de la Ville de Paris
La Samaritaine, jeu de cubes publicitaire, documents éphémères, Paris : 1930. Source : bibliothèque historique de la Ville de Paris

Marie Garambois

service des Services aux publics

Publié par Marie GARAMBOIS le 30 juillet 2021 à 09:45

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