Résultats de l'enquête sur la bibliothèque numériqueEt une nouvelle interface pour les collections numériques de l'INHA

John Henry Parker, Maison de Castor et Pollux, Album 10 : Napoli, Pompei, Monte Casino (1864-1877)

En lançant son enquête d'opinion début 2016, l'équipe de la bibliothèque numérique avait plusieurs objectifs : mieux connaître les utilisateurs et leurs centres d'intérêt, identifier les contenus plébiscités afin de privilégier leur mise en ligne et améliorer les services du site.

Sans toutefois pouvoir projeter ses résultats comme valant pour l'ensemble des usagers, fait inhérent à toute enquête puisque forcément basée sur un échantillon d'utilisateurs, l'idée est d'en retirer des indications permettant d'orienter les évolutions à mettre en œuvre.

Profil des internautes

Répondants

Nombre

%

Professionnels de l’enseignement et de la culture

120

41

   Universités

47

 

   Bibliothèques

42

 

   Institutions culturelles

31

 

Étudiants

116

40

Autres (éditeurs, artistes…)

55

19

Total

291

100

291 internautes ont répondu à l'enquête. Plus de la moitié a entre 21 et 35 ans, composée en grande part par des étudiants (116). Les enseignants chercheurs figurent également en bonne place, suivis par les professionnels des bibliothèques et ceux des institutions culturelles et patrimoniales. Avec respectivement 47, 42 et 31 représentants, ces catégories montrent que la bibliothèque numérique est consultée autant par les étudiants que par les professionnels. La présence de catégories directement en lien avec la création (artiste, éditeur) ou le marché de l'art laisse penser que le site est utile pour d'autres types de recherche.

La rencontre avec la bibliothèque numérique

Néanmoins, si la grande majorité des répondants sont inscrits à la bibliothèque de l'INHA (78%), 25% n'ont jamais visité sa bibliothèque numérique, la raison principale étant qu'ils ne la connaissent pas pour 73% d'entre eux. D'où le constat que la communication sur l'existence de ce service doit être réactualisée, notamment lors des inscriptions, mais aussi au-delà de l'INHA.

Cette opinion est renforcée par les résultats de la question « Comment avez-vous connu la bibliothèque numérique ? ». 7% des répondants ont été informés de son existence lors de leur inscription, contre 43% qui l'ont découverte via les sites de l'Institut auxquels s'ajoutent 3% avertis par les comptes Facebook et Twitter de l'INHA. Le courriel d'information est le deuxième biais par lequel les usagers s'aventurent sur le site (13%). Les deux tiers des internautes ont donc eu connaissance du service par la communication de l'Institut, ce qui corrobore les statistiques annuelles de fréquentation qui montrent une utilisation majoritairement liée à l'institution et son environnement parisien. En contrepoint, 8% des répondants sont parvenus sur le site via un moteur de recherche et 7% par un site qui moissonne ses données (Isidore, Gallica, le Moteur Collections, AGORHA, Getty portal). Néanmoins, plus de la moitié des internautes reconnaît l'utilisation de ses sites pour effectuer des recherches et rebondir sur la bibliothèque numérique.     

La multiplicité des centres d'intérêt 

Extrêmement variés, les centres d'intérêt recoupent disciplines (histoire de la photographie, sociologie de l'art...), thématiques (voyages d'artistes, iconographie antique...), artistes (Rose Adler, Félix Vallotton...), périodes (Renaissance, art grec antique...), aires géographiques (l'art anglais, l'art argentin après 1945...), techniques (enluminure médiévale, imprimerie ancienne...), mouvements (japonisme, Nabis...) liés à l'histoire de l'art. Fait marquant, une certaine proportion de réponses cite l'art contemporain ainsi que des artistes du XXe siècle, ce qui suggère qu'une partie des internautes utilisent la bibliothèque numérique comme outil de découverte et d'enrichissement sans forcément avoir de recherche documentaire à effectuer.

Le but des visites : la recherche

L'équipe de la bibliothèque numérique souhaitait vérifier si la motivation première des utilisateurs épousait les missions du site, à savoir mettre à disposition des sources en vue de l'étude et de la recherche, ou s'il était davantage visité comme une galerie, pour sa richesse iconographique et patrimoniale. Les participants ont indiqué qu'effectivement, leurs consultations étaient majoritairement guidées par la recherche d'un thème (« souvent » à 47%) ou d'un document précis (39%). La curiosité n'est cependant pas exempte des intentions mais sur une fréquence plus faible (« quelquefois » pour 40% des explorations), ainsi que la recherche iconographique (32%). L'outil reste donc en priorité associé à la recherche même si son offre ouvre naturellement à des usages plus culturels.

 
Nouvelle page d'accueil de la bibliothèque numérique de l'INHA

Les documents les plus consultés : les estampes

Les documents les plus consultés sont les estampes, suivis par les grands classiques de l'histoire de l'art puis les dessins. Ce classement assoit à la fois la fonction recherche et l'importance des documents iconographiques, imprimés ou manuscrits. Les catalogues de musées puis les archives arrivent en quatrième et cinquième positions, avant les photographies et catalogues de ventes. Ces derniers supports paraissaient pourtant de prime abord plus utilisés, mais il est vrai réservés au domaine particulier de la recherche des provenances.

Les nouveautés et expositions virtuelles, quoique consultées, ne font pas partie des plus sollicitées, ce qui peut s'expliquer par le fait qu'elles présentent des thèmes spécifiques qui ne concernent pas tous les internautes. Les statistiques de fréquentation mettent néanmoins en avant le rôle de la newsletter les concernant : chaque début de mois, à l'occasion de son envoi, les pages enregistrent un pic de consultation.

Les documents les moins consultés : les livres de fête

Constat plus étonnant, les livres de fête représentent les documents les moins consultés. Ce manque d'intérêt se retrouve dans les souhaits d'évolution des contenus. En effet, les livres de fête sont positionnés en fin de classement. L'explication est peut-être à chercher dans la spécificité de ces documents, pourtant fleurons de la bibliothèque et fonds entièrement décrit dans AGORHA, mais, interdisciplinaires, sans doute moins connus et exploités dans le domaine de l'histoire de l'art. Qui plus est, ils sont sous-représentés dans la bibliothèque numérique (56 numérisés pour 1095 recensés sur AGORHA) et donc statistiquement moins consultés.

Les documents en demande : les archives

Les documents dont l'accroissement est réclamé en priorité sont les archives ; puis, en phase avec les consultations actuelles, les estampes, suivies des dessins, ce qui conforte la bibliothèque numérique dans son rôle d'accès aux sources premières de la recherche. Viennent ensuite les catalogues de musées, résultat plus surprenant mais qui correspond également à une consultation liée à la recherche sur la constitution des collections et le parcours des œuvres.

Les commentaires libres laissent apparaître d’autres orientations : les magazines, revues et journaux sont réclamés, qu’il s’agisse « de la presse artistique, ou des rubriques artistiques dans la presse quotidienne notamment au XIXe siècle » ou des « périodiques du XXe siècle » ; cependant cette requête trouve vite ses limites car la bibliothèque numérique ne met en ligne que des œuvres tombées dans le domaine public.

Les imprimés anciens sont eux aussi plébiscités : « les imprimés qu'on trouve difficilement ailleurs et qui ne sont pas déjà ou mal numérisés », « guides anciens », « catalogues raisonnés », « gros livres anciens, difficiles d'accès car trop vieux ou en accès différé », même si, a contrario, certains pointent les « ouvrages au contenu obsolète, par exemple : classiques démodés, anciens catalogues de musées ». De plus, l’offre en ligne s’est considérablement accrue, de ce fait, nous devons aussi rester vigilant sur ce qui a déjà été numérisé afin de concentrer les moyens sur ce qui relève de la rareté car, comme le soulignent certains avis : « La poursuite des imprimés m'apparaît inutile face à la puissance de Gallica et des autres ressources disponibles sur Internet Archive ou Google Books ».

Le critère de l’accès revient aussi pour les archives, documents uniques et de ce fait en accès limité : « Je consulterai préférentiellement des documents que je ne trouve pas ailleurs (archives, dessins..) ». La numérisation représente alors une solution pour la consultation des « objets difficiles d'accès pour les lecteurs éloignés de Paris » voire « pour éviter de passer par les rendez-vous patrimoine » même si « il faudra toujours consulter l'ouvrage, à un moment ou un autre, et la numérisation le remplace pour le contenu, mais non pour le contenant ».

La réutilisation des documents

Plus de 53% des répondants à la question de la réutilisation des documents indiquent l'avoir fait en majorité pour illustrer des écrits professionnels ou personnels, ce qui confirme la dominante scientifique et sa concrétisation sur support papier, le réemploi en ligne (blogs, sites professionnels, réseaux sociaux) lui étant inférieur de plus de la moitié. L'utilisation dans un but créatif fait son apparition à la marge.

Ceux qui ne réutilisent pas les documents le justifient simplement par l'absence de besoin : la consultation seule leur suffit dans presque la moitié des cas. Vient ensuite l'aspect juridique qui est vécu comme un frein pour un quart des réponses, notamment en ce qui concerne l’autorisation de réutilisation. Pour information, la réutilisation non commerciale est libre et gratuite, la seule condition étant de mentionner le crédit, comme explicité dans la rubrique « conditions d'utilisation ».

Les raisons techniques sont mineures, certaines liées aux formats ou résolutions et donc intrinsèques au service, d'autres à la méconnaissance des fonctionnalités, comme la possibilité de télécharger.

Les fonctionnalités privilégiées : la recherche plein texte et le téléchargement

Le téléchargement est le deuxième service le plus plébiscité, juste après la recherche plein texte, ce qui témoigne une nouvelle fois d'une appropriation des documents pour des recherches fines. Les choix de méthodes d'accès aux documents étayent aussi cette impression en privilégiant la recherche simple ou avancée plutôt que le parcours de l'arborescence. Et lorsque les filtres sont utilisés, il s'agit prioritairement de celui des auteurs, ce qui tend à nouveau vers la notion de besoin ciblé. Le type de document, sa période ou sa date de publication suivent dans la liste des facettes les plus usitées.

Les fonctionnalités les moins utilisées : lieu et espace personnel

Les facettes ayant trait à la géolocalisation (par exemple par lieu de prise de vue pour une photo) et à la bibliothèque d'origine sont clairement délaissées. Cela s'explique sans doute par le fait pour le premier qu'il ne soit pas systématiquement indiqué car l'information n'est pas toujours pertinente et, pour le second, qu’il met en avant l'importance du document en lui-même, sorti des notions de collection et d'institution dépositaire.

D'autres fonctionnalités sont également sous-employées, à commencer par les impressions, et dans la même veine que précédemment, l'affichage par géolocalisation. Mais c'est surtout l'espace personnel qui arrive en fin de classement. Peut-on en déduire que la bibliothèque numérique est avant tout perçue comme un espace de consultation que l'on quitte une fois l'information trouvée sans nourrir le besoin d'archiver ses recherches ou trouvailles ?

Les points forts

Sur les six critères énoncés pour connaître l'opinion sur les performances du site, l'estimation générale se situe dans une moyenne haute (166 points cumulés pour les notes inférieures ou égales à 2 sur l'échelle de satisfaction, 583 points cumulés pour celles allant de 3 à 5). La résolution des images arrive en tête, suivie par les capacités de zoom ex-æquo avec la qualité des notices descriptives, ce qui conforte l'équipe dans ses choix de numérisation et d'indexation.

Cette appréciation se retrouve dans les commentaires libres qui soulignent : « ergonomie et puissance des zooms », « la qualité de numérisation et le choix des textes disponibles », « la précision des notices», « la richesse de l'info et la facilité d'accès ». D'autres mérites sont mis en avant, à commencer par les contenus : « diversité des collections, on trouve des estampes introuvables ailleurs », « pertinence des choix des documents à numériser », « l'enrichissement fréquent des collections disponibles », « la variété très complémentaire des ouvrages dans le domaine de l'histoire de l'art ».

La gratuité et le fait que le site soit en français enrichissent la liste des avis positifs de même que « la rapidité des recherches », la « clarté des icônes, maniabilité », la « navigation assez facile », l'avantage de « fédérer plusieurs bibliothèques ». Le temps de réponse semble aussi bien considéré car il arrive en troisième position des performances notées, ce qui est plutôt une bonne surprise eu égard au constat de l'équipe. La « possibilité de zoomer sur les images et de les télécharger facilement » est aussi citée ; néanmoins, sur ce point en particulier mais aussi sur ceux évoqués précédemment, les avis divergent.

Les points faibles

En effet, ce qui est bien pour les uns ne l'est pas pour tous. « Le téléchargement est souvent compliqué et long » est une critique qui revient sous diverses expressions, ce mécontentement explique alors son positionnement en dernière place du classement des performances. « L'impossibilité de télécharger en JPG », ce qui bloque l'intégration dans des documents, est devenue une réelle lacune dans le service. Néanmoins, d'autres comme « le fait qu'on ne puisse pas télécharger une page précise d'un document » relèvent davantage de la méconnaissance de l'outil car l'icône de la visionneuse permet de le faire.

La remarque sur l'aspect « compliqué » et malcommode de la recherche est aussi récurrente : « la recherche n'est pas toujours facile », « l'interrogation n'est pas facile pour trouver l'ouvrage que l'on cherche et dont on sait pourtant qu'il y est (souvent beaucoup de bruit) », « le résultat des recherches n'est pas souvent pertinent. Les mots clés ne sont pas bien retenus. Peu intuitive ».

La pertinence des résultats se retrouve donc en bas du classement des performances. Le moteur de recherche utilisé est fourni par la société Exalead qui travaille également pour Gallica. Il est vrai que le formulaire de recherche avancée manque d'employabilité avec des indications comme « satisfaire à n'importe laquelle des règles suivantes » qui correspond simplement au « ou » de la recherche booléenne. Par ailleurs, l'équipe s'emploie à indexer le plus finement possible les notices, ce qui a contrario peut générer beaucoup de bruit par la multiplicité des résultats. De même, le fait que toute recherche implique le balayage de tous les textes accroît le nombre de résultats sans lien immédiatement apparent. Il faut alors actionner l'option « afficher/masquer le détail de la recherche » située en dessous de chaque notice pour obtenir la citation. La recherche plein texte peut aussi être activée sur la visionneuse en choisissant le mode « Texte » en haut à droite. Elle est désormais disponible pour tous les imprimés. C'est pourquoi la remarque : « la relative rareté des possibilités de recherche en texte complet » est difficile à interpréter. D'autre part, cocher la case « expression exacte » dans le formulaire de recherche avancée peut être une solution pour limiter le bruit.

Le manque de souplesse de la visionneuse est également pointé « avec des pictogrammes inappropriés (affichage en vignette symbolisé par un graphique !) », « on ne peut choisir le taux d'agrandissement, avoir deux feuilles d'un même ouvrage en même temps ni mode petites images, pour se repérer plus facilement dans un texte (le nouveau système de la BnF est pas mal pour cela) ». Il est vrai que l'icône  qui permet d'afficher le chemin de fer ou miniatures (vues de 6 pages à la fois) n'est pas très parlante. Il reste néanmoins possible d’activer des info-bulles en passant le curseur sur les icônes.

Par ailleurs, l'interface peut être jugée « un peu trop sobre », elle pourrait être « plus dynamique, plus user-friendly ». L'équipe travaille actuellement à un nouvel habillage pour la page d'accueil en attendant des changements plus profonds courant 2017-2018, d'où l'intérêt de l'enquête qui recueille des avis éclairant les besoins, comme celui de disposer d'un permalien par page de document.

La sélection des documents diffusés sur la bibliothèque numérique fait aussi l'objet de critiques : « Il manque encore des textes importants », des types de documents comme « les livres sur les fêtes et cérémonies », les périodiques... sont réclamés, de même que des sujets tels les arts décoratifs (« meubles et objets ») car les contenus sont jugés « trop axés sur l'architecture et les arts graphiques ». Néanmoins, cela correspond au fonds patrimonial de la bibliothèque de l'INHA, dessins d'architecture et estampes en premier lieu. D'autres internautes regrettent « le peu de documents relatifs à la période la plus contemporaine (après 1945) » car nous ne diffusons que des documents tombés dans le domaine public. Dans la même veine, les « lacunes au XIXe pour les catalogues de vente » sont pointées, mais elles ne seront pas résorbées car résultantes d'un partage chronologique avec Gallica qui met en ligne les catalogues conservés à la BnF du XIXe en incluant 1900-1913, l'INHA se concentrant sur le XVIIe, XVIIIe et la période 1914-1945.

De fait, la question de la publicité et de l'identité du site fait partie des observations : « son manque de visibilité et son chevauchement avec Gallica », « pas assez connue des étudiants et des chercheurs », « inconnue et pas assez valorisée », « manque de signalement de visibilité sur internet ». C'est pourquoi l'équipe va proposer de diffuser les ressources sur d'autres plateformes libres une fois que la question de l'open data sera tranchée. Par contre, les collections sont déjà « moissonnées » selon l'image employée par des plateformes telles Isidore, le Moteur Collections, Gallica. En outre, les articles du blog, additionnés de la lettre d'information mensuelle, contribuent à faire connaître le service.

Des critiques se font aussi entendre autour du référencement des collections. Certaines pointent le fait que « les documents que l'on y trouve ne sont pas toujours référencés dans le catalogue de la bibliothèque de l'INHA donc situation parfois contre-productive ». Effectivement, le catalogue mis en ligne sur le portail de la bibliothèque ne contient que les documents imprimés (monographies, estampes, périodiques), tandis que les fonds patrimoniaux peuvent être listés dans des inventaires ou référencés, qui dans AGORHA (documents non publiés : autographes, fonds d'archives, photographies), qui dans CALAMES (manuscrits essentiellement). Cette situation devrait s'améliorer en partie avec le rapatriement progressif des notices patrimoniales vers CALAMES et la nouvelle version d'AGORHA. D'autres avis réclament « un moteur de recherche unique pour toutes les ressources numériques de l'INHA, qu'elles viennent de la bibliothèque ou du département des études et de la recherche, et qui soit ergonomique ». Le service de l'informatique documentaire travaille actuellement à une solution dite « outil de découverte » qui pourrait interroger simultanément le catalogue de la bibliothèque et les bases de données auxquelles la bibliothèque est abonnée (Art source, AKL, Artstor...), voire toutes les bases INHA.

Les préconisations

Les suggestions d'évolution sont en lien avec les critiques : téléchargement en haute définition, amélioration du feuilletage (modèle de la visionneuse d'Archive.org), accélération des chargements pour maintenir l'intérêt et écouler le stock de fichiers en attente, renumérisation de certaines estampes afin de proposer une qualité homogène... et d'autres se font jour, à commencer par la traduction des sujets en langues étrangères. Il existe des expériences de rapprochement de thésaurus, notamment sur Isidore, mais pour le moment, ces technologies ne peuvent être intégrées à notre plateforme. Néanmoins, la question du multilinguisme est posée.

Une demande de présence plus forte des bibliothécaires et des chercheurs dans le domaine du conseil (sélection, tags...) est aussi préconisée, ainsi que l'élaboration d'une arborescence des bases de données en histoire de l'art pour rester dans la thématique de l'orientation.

L'ajout de mots-clef décrivant les images (par ex. comme sur Mandragore ou le site de l'agence photo de la RMN) est plébiscité, davantage que l'emploi d'une classification internationale type Iconclass (par ex. la description d'un arbre correspond à 25G3). De prime abord, on peut en trouver une explication dans le fait qu'un ensemble de mots descriptifs est plus immédiatement intelligible et employable qu'une cote codant le contenu de l'image.

L'annotation des images est d'ailleurs l'action qui aurait la préférence des internautes s'ils contribuaient à l'amélioration des données, suivie par la correction des textes passés par la reconnaissance optique de caractères et la précision des tables des matières. La participation des utilisateurs à l'enrichissement des notices est une des questions que se pose l'équipe, mais sa mise en œuvre requiert des moyens techniques et humains dont elle ne dispose pas. Elle reste cependant à l'écoute d'opérations similaires, comme celle lancée par la BnF qui a cependant stoppé l'expérimentation de la collaboration pour le moment.

Du fait de leur fréquentation d'autres bibliothèques numériques (plus d'une cinquantaine citées), les internautes trouvent matière à comparaisons et donc suggestions. Le modèle de référence et le plus usité reste Gallica, notamment dans sa nouvelle version. Elle représente le niveau à atteindre, si ce n'est en nombre de documents, du moins en service et outils. D'ailleurs, eu égard à la masse d'imprimés, accrue par d'autres silos tels Archive.org ou Google Books, certains internautes conseillent de laisser de côté la numérisation des imprimés pour se concentrer sur les documents sources.


[L’Epopée polonaise : Esquisse du monument à Mickiewicz], [Vers 1908-1909], Antoine Bourdelle, Collections de la bibliothèque de l'INHA

 

L'équipe de la bibliothèque numérique remercie vivement les personnes qui ont bien voulu consacrer du temps pour lui faire part de leurs avis et idées. Et en parlant d'idées, certaines n'ont pas été citées dans cette analyse : il s'agit de celles relatives au nouveau nom de la bibliothèque numérique, et qui serviront ultérieurement.

Des internautes ont aussi eu la gentillesse de souligner la qualité du site et les avantages qu'ils y trouvaient pour leurs recherches.

D'autres remarques n'ont pas été reprises car elles concernent la bibliothèque en tant que lieu ou les outils bibliothéconomiques proposés. Elles seront transmises aux collègues concernés.

Les enseignements tirés de cette enquête concernent en premier lieu la sélection des documents. Quelques mois avant le lancement d'une nouvelle campagne de numérisation, les souhaits de voir s'accroître la part des documents rares seront pris en compte, même si, pour des raisons de conservation, d'autres types de documents seront aussi numérisés. La politique de développement pourra davantage être explicitée dans les actualités du site.

Le constat que l'interface de l'outil et les services rendus doivent évoluer a aussi été entendu. L'équipe travaille à une nouvelle page d'accueil pour cette année et explore de nouvelles possibilités pour l'amélioration de la plateforme à plus long terme : la rendre plus intuitive, plus proche des usages acquis sur les bibliothèques numériques de référence afin qu'elle soit plus accessible en limitant la mauvaise compréhension de son fonctionnement.

L'amélioration viendra aussi avec une plus large valorisation des contenus. Les nouvelles lois favorisant l'open data vont permettre d'étudier la possibilité de transfert de données vers des plateformes de mutualisation comme Wikimedia.

 

Les résultats de l'enquête sont aussi disponibles sous la forme d'un fichier PDF

Le site des collections numériques de la bibliothèque de l'INHA

 

 Fanny Lemaire

Service de l'informatique documentaire

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Publié par Sabine Roulleau le 14 juin 2016 à 09:00

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